Le Pointer Anglais
Standard FCI N°1 /07.09.98
Groupe 7 - Section 2.1
Chien d'Arrêt
LE POINTER, CHASSER EN RÊVANT
Dresseur professionnel et infatigable chasseur, Max CARLI est toujours accompagné du pointer, jusque dans les contrées les plus lointaines et hostiles. Depuis trente ans il observe avec finesse ce grand chien d'arrêt, dont il nous dépeint ici les étonnantes ressources, les subtilités du dressage et les joies que procurent sa quête et son arrêt. Le pointer qui nous est conté fera de nous des petits princes ..
COURTOISIE A CHIENS DE CHASSE
Un jour dans la taïga sibérienne, à mille miles de toute civilisation, une petite voix me demanda : " S'il te plaît dessine-moi un pointer ".
Comme je ne sais pas dessiner, j'ai préféré offrir à ce Petit Prince un portrait écrit de ce chien, tel que je l'observe depuis qu'il m'accompagne dans ma vie de chasseur.
" Sache que si physiquement le pointer est majestueux et puissant, c'est que tu as affaire à un sportif de haut niveau ! S'il tient la tête haute tendue vers l'horizon, c'est pour mieux recevoir les effluves dans ses narines bien ouvertes. Si son poitrail est large, c'est pour abriter des poumons et un cœur d'athlète. Si ses pattes sont si musclées, c'est qu'elles sont faites pour la course. Si elles sont bien plantées sur le sol, c'est pour parcourir tous les terrains, qu'ils soient de mousse ou d'éboulis. Le pointer court partout, loin et vite. Il est comme ça, il est fait pour ça, il est né pour ça. Il n'est ni le fruit du hasard ni celui d'une erreur, mais le résultat de recherches, de sélections draconniennes. Des hommes ont éprouvé le besoin d'avoir un chien rapide et, à force de travail, ils ont créé le pointer d'aujourd'hui.
IL PRÉFÈRE LA QUÊTE EN SOLITAIRE
Je me garderais bien de te décrire une exception, qu'il t'arrivera peut-être de rencontrer, qui court seulement pour l'exploit, la gloire, grisé par sa vitesse. Il s'agit d'un excité qui file en portant préjudice à la race entière. Le néophyte, s'il croise une seule fois son chemin, en parlera encore et encore. Il aura vu le diable et, par un regrettable amalgame, ne saura plus séparer le bon du mauvais. Ce pointer-là pourra se faire arrêter par l'oiseau, il ne l'aura pas cherché, c'est le gibier qui lui sera tombé dessus ! Un tel énergumène mérite sa mauvaise réputation. Parmi les chiens, comme parmi les hommes, le meilleur côtoie le pire. Le pointer a cette particularité d'avoir, le cas échéant, des défauts à la hauteur de ses qualités grandioses. Mais parlons plutôt du bon sujet, celui qui correspond à sa race, à son standard, et qui est issu d'un élevage sérieux et réputé. Faire naître des pointers n'est pas une simple affaire commerciale, mais une recherche renouvelée à chaque portée. Car avant de mélanger les sangs il faut savoir ce que l'on veut obtenir à l'arrivée.
LA VITESSE N'EST PAS TOUT
Pour avoir un bon pointer de chasse, il faut savoir mettre l'accent sur ses qualités de découvreur de gibier, indissociables de l'intelligence et du nez. On ne peut jouer à la roulette russe avec des portées futures, la réputation de la race en découle. On trouve d'ailleurs les bons sujets toujours aux mêmes adresses, là où précisément les éleveurs n'agissent pas à l'aveugle et ne misent pas tout sur la vitesse, trop conscient du risque de faire naître le spécimen qui court toujours une fois lâché... seulement rattrapé par sa mauvaise réputation. Sache que la vitesse est de toute façon dans les gênes du pointer. L'important est qu'elle s'accompagne d'un nez puissant, d'une intelligence vive et d'une passion au diapason de ses pattes. Toutes ses qualités s'imbriquent les unes dans les autres, chacune servant l'autre ... jusqu'à l'arrêt final qui, comme il se doit, sera de marbre. Statufié, aucun poil ne bouge. Seul un semblant de frisson parcourt le chien. Un arrêt en pleine course. Il ne tergiverse pas.
A LA CHASSE
Le pointer nous aide à pénétrer des territoires hostiles, rebutants par leur immensité, éprouvants par l'altitude, là où l'oxygène manque à la végétation comme aux hommes. C'est dans ces conditions extrêmes que l'on réalise pleinement ce qu'est le pointer. Avec facilité il poursuit son chemin de lacet en lacet, efficace, rapide, battant le terrain dans sa totalité sans perdre le contact avec son maître. Car tu découvriras que ce chien aime faire plaisir, aime faire équipe, et cela davantage avec l'homme qu'avec ses congénères. Sur le terrain il chasse seul. Épargne-lui donc les sorties en groupe, il est trop impétueux pour respecter les copains, et sa rapidité le pousse à toujours vouloir être en tête, devenant alors très dur à tenir. Mais grâce à lui et avec lui, tu peux accéder à des chasses qui te semblaient inaccessibles, comme cette immense taïga que j'affectionne tant. Car je te parle là d'un chien qui court pour chasser .
LE TEMPS SUSPENDU
Son nez n'a pas fini de recevoir l'effluve que son cerveau réagit au quart de tour en donnant un brusque coup de frein aux pattes d'acier. Action somptueuse qui ne supporte pas l'erreur, la médiocrité. A cela s'ajoute la durée. Cet arrêt pris il va le tenir, tétanisé. Ils sont deux face à face, fascinés et subjugués. L'oiseau doit fuir, le pointer doit tenir et moi, je dois arriver ; et j'aurai le temps car mon pointer sait tenir la pause comme le modèle d'un peintre. Arrêté il est, arrêté il reste, jusqu'à l'envol jusqu'au tir jusqu'au rapport. Sur un oiseau désailé qui fuit à pattes, il arrive malheureusement que notre pointer rechigne à mettre le nez par terre, dédaignant la fonction de pisteur pourtant parfois très utile. A vouloir garder la tête haute envers et contre tout il peut perdre en efficacité. Mais hormis ce défaut, il te donnera toujours l'impression d'être infatigable. Car vois-tu, en plus de sa condition physique, il a l'intelligence pour régler son allure et a vite fait d'analyser le biotope dans lequel il se trouve. Il saura adapter sa vitesse à l'altitude et au sol, rétrograder si besoin est pour être à même de tenir longtemps le même galop. Son intelligence le sert, ses pattes le portent et sa passion le pousse, le tire, l'attire toujours plus loin ; elle est la locomotive et le carburant de ses muscles, l'entraînant d'une effluve à l'autre, l'encourageant à chercher là où le gibier est excessivement rare. Le pointer est un découvreur. Créé dans ce but il sait aller là où d'autres races n'auraient peut-être pas cherché. Ce n'est pas l'homme qui l'envoie sur le gibier c'est lui qui le quête. Il fut un temps où les Anglais chassaient avec un pointer pour la recherche et un retriever pour le rapport. Imagine le tandem, le summum ! Si aujourd'hui le pointer rapporte parfaitement il ne faut pas oublier qu'il fut longtemps dispensé de cette fonction, ne gagnant ses galons que sur son action de chercheur et de trouveur. Il a su si bien évoluer qu'il se suffit aujourd'hui à lui-même, démarrant et bouclant une action de chasse ; il donne là encore la preuve de son intelligence. Puisque notre pointer peut le plus, tu ne dois pas hésiter à lui demander le moins, ne pas le cantonner dans les grands espaces. Tous les territoires sont à sa portée et, bien qu'il donne toute sa mesure dans l'immensité, il reste spectaculaire sur les plus petits terrains, car il y garde son allure.
UN STYLE INALTÉRABLE
Un bel athlète se meut toujours de façon altière, où qu'il soit. De ce fait le pointer peut être un compagnon tout à fait à sa place à la bécassine, sa passion lui réchauffant les pattes même si le mistral y met du sien pour le décourager à coups de rafales glacées. Un vent contre une passion - je te laisse deviner qui des deux l'emporte ! A l'affût dans les marais, difficile en revanche de lui demander l'immobilité. Il n'est pas le meilleur au garde-à-vous sur un agachon. En la matière, c'est le retriever qui mérite la première place ; chacun son truc. Si les poils courts du pointer immobile laissent passer l'hiver givré, ils ne sont en rien un handicap vis-à-vis des ronces. Face aux épineux, la passion se pose en armure, occulte la douleur d'une épine qui se voudrait décourageante. Si un oiseau est tombé ou a trouvé refuge dans une pelote d'épingles, eh bien le pointer ira sans la moindre hésitation. Ce n'est pas l'armure qui fait le chevalier, c'est le courage. Je ne prétends pas que le pointer rechignant n'existe pas, mais dans ce domaine, chacun connaît des chiens poltrons qui, bien que munis de poils repoil et sous poil, refusent l'aventure piquante. Cela ne saurait suffire à coller l'étiquette "peureuse" sur une race entière ; l'exception ne fait pas la règle. Le pointer est un chien de confiance. Il est le compagnon de tout chasseur, de tout âge. Jeune comme toi, il t'ouvre tous les territoires, un peu plus vieux comme moi - ou beaucoup plus que moi -, il t'économise. Tu peux t'appuyer sur lui, lui faire confiance. Dans la montagne il suffira de le suivre des yeux, c'est moins fatiguant que de crapahuter des heures durant ; à toi de le rejoindre lors d'un arrêt. Dans le bois il en sera de même. Cloche au cou il se fera entendre jusque dans son silence -"Bécasse droit devant ! " Voilà ce que j'attends de la chasse avec un pointer, qu'elle soit sportive, efficace et confortable, une communion totale, une osmose parfaite entre le chien et le chasseur.
UN PUR-SANG MAL COMPRIS DES CHASSEURS
Ce chien d'exception est pourtant mal perçu de bien des chasseurs, qui se sentent stressés et dépassés par un animal pourtant fait pour les servir vite et bien. Ce mélange de crainte et d'incompréhension entache sa réputation. Il faut résolument effacer des mémoires les pointers "fous" que nos pères ont connus. Ils étaient le balbutiement, le brouillon du chef-d'œuvre d'aujourd'hui. Nous vient-il à l'idée de comparer la voiture de Cugnot avec nos bolides de l'an 2000?
SON INTELLIGENCE COMME ALLIÉE
Restons dans la métaphore automobile ... Une telle machine exige un bon mécanicien et un bon conducteur. Plus que tout autre, le pointer a besoin d'être dressé. Un bon sujet ne peut passer à côté d'une éducation à sa mesure. Et, pour qui en possède les compétences, la tâche est finalement facile, car son intelligence lui permet de bien assimiler et de garder parfaitement en mémoire ce qu'on lui aura inculqué. Appliqué, il a plaisir à satisfaire son maître. Il supporte très bien les leçons, même les plus contraignantes, comme le sont pour lui celles relatives au rapport. Mais dis-toi bien que les races les mieux disposées sur ce point particulier du dressage n'atteindront jamais, à nombre de leçons égal, le même niveau de savoir. Le dressage permet au pointer d'aller au bout de ses capacités. Et comme celles-ci sont grandes, le résultat est exceptionnel. Que l'on soit ou non un inconditionnel du pointer, on reconnaît d'emblée le sujet qui aura reçu un dressage de qualité. L'éducation façonne et révèle ce chien. Il arrive à l'âge adulte, autour d'un an, avec son bagage bourré de dons. Il te donne tout cela en bloc, en vrac ; à toi de te débrouiller ! Le dressage canalise ces capacités, les verrouille pour qu'elles tiennent la route, le coup, et le temps. Si une seule pièce de son génie reste "chancelante", un jour ou l'autre elle entraînera le reste dans sa chute. Plus on tombe de haut, plus il y a de dégâts. Le pointer peut paraître difficile à dresser car il ne pardonne pas à celui qui se trompe, qui ne sait pas le prendre.
L'OBÉISSANCE COMME CLEF DE VOÛTE
Tu l'as compris, à travail mal fait résultat médiocre. Le pointer ne se "bricole" pas. C'est un pur joyau qui demande un artisan à sa mesure. Pour toutes les races le dressage doit commencer par l'obéissance. Avec lui, ce principe de bon sens est plus que jamais primordial. Il est impensable que le pointer ne revienne pas si on l'appelle. Le doute ne doit même pas effleurer l'esprit de son conducteur, qui doit être sûr de son appel s'il ordonne le retour. Mais tout en le voulant très obéissant, on doit respecter son grain de fantaisie - tout génie est un peu artiste. Il ne faut pas constamment être sur son dos, vouloir le faire rentrer dans un moule. Il a besoin d'initiative ; cela sous-entend un grand respect mutuel entre le maître et le chien. Ceux qui le critiquent sont bien souvent ceux-là mêmes qui n'ont pas compris ce point. A toujours être sur son dos, le pointer finit par ne plus s'occuper de son maître et vit sa vie loin de lui, se moquant de ses appels intempestifs. Celui qui n'obtient rien de bon du pointer doit toujours se remettre en question, et non rejeter systématiquement la faute sur le chien. Le maître croit avoir tout essayé... il a souvent omis d'essayer de comprendre son compagnon. Il faut tout saisir chez lui, ne rien laisser dans l'ombre. Le maître ne doit pas hésiter à se faire expliquer son pointer par le dresseur, encore et encore. Il faut savoir insister jusqu'au déclic, jusqu'à l'osmose. Ceux qui abandonnent en route sont simplement passés à côté d'un compagnon qui ne demandait qu'à se révéler à eux.
Voilà bonhomme tout ce que je peux te dire sur le Pointer !
Sans rien dire le Petit Prince prit ma lettre, la lut. Il sembla la comprendre. Il sourit simplement, et partit.
Max CARLI
Le mot du Président
Peut-on chasser avec des chiens de grande quête ?
Déjà en 1880 Paul Caillard avait répondu à cette question en affirmant : "le chien de grande quête sera utile partout. Partout on retrouvera ses qualités..."
Plus tard William Arkwright confirmait la nécessité d'utiliser ce type de chien pour chasser dans les moors écossais. Les descriptions de ses parties de chasse dans son ouvrage sur le pointer, restent un modèle d'utilisation des chiens d'arrêt en couple.
Dès 1925, Maurice de la Fuye dans le célèbre ouvrage "La bécasse à Grande quête" a fort bien décrit cette façon de chasser dont il était un fervent adepte.
Son avant-propos met l'accent sur l'état d'esprit indispensable pour pratiquer ce sport dans les règles et pour donner la priorité à l'éthique.
Ce gentleman, Dieu merci a fait école. Je rencontre un peu partout de véritables disciples de cet auteur, qui, comme lui, affirment haut et fort :
" Si au bois, la grande quête présente, pour être bien menée, plus de difficultés qu'en plaine, il faut mettre en regard les satisfactions aussi intenses que délicates qu'elle procure au passionné."
Il me semble toutefois nécessaire de bien préciser la notion de "chien de grande quête".
La grande quête est une discipline des field-trials de printemps. Elle est réservée à ce que l'on peut considérer comme le top des chiens d'arrêt. Le règlement impose une grande étendue de quête(de l'ordre de 300 à 400m de chaque côté), une exceptionnelle avidité sur le gibier, un style proche de l'idéal et un dressage extrême, avec bien entendu ce qui est essentiel pour un chien d'arrêt: d'indéniables qualités de chasse. Rien n'est laissé au hasard ou à l'approximation. Dans ce domaine tout doit friser la perfection.
A mon sens le chien de grande quête est celui qui participe avec succès à ces épreuves.
L'appellation "chien de grande quête" pour un chien de chasse qui va loin ne me satisfait pas, le label "grande quête" devant rester à mon sens intimement lié à cette discipline des field trials, qui doit conserver toute sa notoriété et son prestige compte tenu des qualités qui sont nécessairement indispensables pour y participer.
J'ai chassé avec des chiens champions de grande quête, dans les plaines de Pologne. C'est un souvenir qui restera à jamais gravé dans ma mémoire. Dans la même sortie j'ai eu l'occasion d'apprécier, Diana du Bois de Moun, Brick et Ciki des Pisés.
Ces merveilleux pointers, tous trois Champions d'Europe. Nous étions deux fusils, à environ trois cent mètres de chaque coté de leur dresseur J.Condado et dans les conditions de la compétition. Je garde de ces moments de chasse des images inoubliables. C'est le sommet de ce que l'on peut exiger à la chasse avec des pointers : l'efficacité alliée au style et à la perfection du dressage.
Généralement ces chiens sont utilisés pour trouver un gibier rare sur de vastes territoires. Mais il faut surtout que l'homme accepte et apprécie cette façon de chasser. La plupart des nemrods ne supportent pas que leur chien s'éloigne au delà de la portée du fusil....Un chien de grande envergure ne doit pas avoir seulement une quête étendue, il doit aussi avoir un arrêt de roc et un grand équilibre qui le fera attendre de longues minutes que son maître vienne le servir. Ce sont des qualités qui proviennent directement de la grande quête.
"En fait ces chiens sont aussi des reproducteurs d'élite pour fournir aux chasseurs des chiens remarquables par leurs qualités de nez, d'allures de race, de style, de passion et d'équilibre" Ainsi s'exprime J.P BOUIN grand expert en la matière et amateur inconditionnel de grands chiens.
Il faut reconnaître que cette discipline induit dans la descendance de ces champions des chiens ayant beaucoup d'influx et cela peut rebuter le chasseur qui manque d'expérience. Mais au lendemain de l'obtention de votre permis de conduire vous n'irez raisonnablement pas vous asseoir dans le baquet d'une voiture de course. Il en est de même ici, où sous peine de profondes désillusions, il est nécessaire d'avoir une bonne approche de la psychologie canine et des notions de base de l'éducation des chiens d'arrêt.
L'intelligence des chiens, (au risque de faire bondir ceux qui pensent que seulement l'homme peut en être doté), est un élément essentiel à mes yeux même s'il ne se traduit que par la faculté de résoudre les problèmes d'adaptation au terrain ou de compréhension dans l'éducation.
S'ils en sont dépourvus, il devront compenser cet handicap par un dressage parfaitement assimilé. Rien n'est plus désagréable qu'un chien qui va loin et qui n'obéit pas.
L'éducation de ces chiens nécessite sans doute beaucoup de finesse et de doigté mais lorsque le résultat est atteint, il est incomparable. De toutes façons si vous ne vous sentez pas la capacité de le faire, sachez qu'il existe dans toutes les régions de France des dresseurs professionnels qui ont l'expérience, les moyens et les compétences pour cela.
Ils vous donneront les "clefs" et le "code" pour utiliser votre chien. A vous de prendre garde à ne pas les perdre.
Ainsi lorsque vous serez en montagne à la chasse à la perdrix, au coq ou à la bécasse, votre chien ira, seul, de sa propre initiative chercher le vent à quelques centaines de mètres au dessus de vous et de là-haut il se trouvera excellemment placé pour explorer avec ce mélange d'intelligence et de méthode tout un flanc de montagne qu'il négociera sans perdre d'altitude. Il vous lancera un regard pour à la fois s'assurer de votre position et pour éventuellement quémander votre assentiment ou un geste l'invitant à explorer un autre secteur. A ce moment là si vous n'aimez pas ce genre d'action qui épargne vos forces et votre temps, si vous n'appréciez pas les immenses qualités de votre chien,... il mérite mieux que vous, ne le gardez pas.
Bien entendu il n'y a pas que la montagne où l'on puisse utiliser de tels chiens. Leur action s'accommode fort bien des forêts bretonnes ou vendéennes, du pignada d'Aquitaine du causse du Larzac ou des garrigues de Provence.
Le spectacle de tels chiens sur ces terrains de chasse suscite une profonde admiration. Mon ami Y.Foutris, Président fondateur du Pointer Setter Club de Grèce l'a très bien exprimé lorsqu'il parle des qualités nécessaires aux chiens de concours en montagne: " la volonté de chercher, la méthode et l'intelligence pour trouver, la mentalité pour couvrir l'immensité et les moyens physiques pour affronter le relief... il s'agit de qualités de luxe pour un chien de chasse, un grand chien de chasse ".
Pour ma part, j'ai toujours recherché à la chasse des chiens ayant une quête étendue. J'ai essayé de conserver les chiots, qui, dès leur plus jeune âge, avaient manifesté, outre cette envie de courir, de bonnes dispositions, traduisant intelligence et équilibre.
Ensuite le bon sens et les nombreuses sorties sur gibier naturel ont fait le reste sur ces chiens qui montraient de réelles aptitudes.
Je partage tout à fait l'opinion de mon ami B. Couston lorsqu'il exprime parfaitement dans son traité " De la Chasse à la Grande Quête" ce qui me semble un postulat incontournable : un chien d'arrêt britannique doit prendre le terrain à sa disposition, en fonction de ses moyens, tout en restant dans les limites permettant son utilisation.
Une notion indispensable pour comprendre ceci est celle de l'arrêt utile.
Je laisse toujours un chien aller loin mais il doit en contrepartie bloquer le gibier et me permettre ainsi d'aller le servir.
Dans ces conditions, chacun assumant ses propres responsabilités, la chasse devient un spectacle, une vrai détente, un régal.
"Encore faut-il poser son regard plus loin que le bout de ses souliers"....
J.C Darrigade
ASPECT GENERAL
Le pointer est harmonieux, bien construit de toute part. Il donne une impression de force et de souplesse. Son profil général décrit une série de courbes gracieuses.
COMPORTEMENT / CARACTERE
Aristocratique. Actif tout en dégageant une impression de force, d’endurance et de rapidité. Bon caractère ; d’un naturel égal.
TETE
REGION CRANIENNE
- Crâne : D’une largeur moyenne, en rapport avec la longueur du chanfrein. La protubérance occipitale est bien prononcée.
- Stop : Bien marqué.
REGION FACIALE
- Truffe : De couleur sombre, mais elle peut être plus claire dans le cas de la robe citron et blanche. Elle est douce et humide, les narines sont bien ouvertes.
- Museau : Quelque peu concave et se termine au niveau de la truffe, donnant un aspect légèrement creux. Légère dépression sous les yeux.
- Lèvres : Bien développées, souples.
- Mâchoires/dents : Les mâchoires sont fortes et présentent un articulé en ciseaux parfait, régulier et complet, c’est-à-dire que les incisives supérieures recouvrent les inférieures dans un contact étroit et sont implantées bien d’équerre par rapport aux mâchoires.
- Joues : Les arcades zygomatiques ne sont pas proéminentes.
- Yeux : A égale distance de l’occiput et de la truffe. Vifs avec une expression de bonté. Les yeux sont de couleur noisette ou marron selon la couleur de la robe. Ils ne sont ni saillants ni hagards. Le regard n’est pas fuyant. Le pourtour des yeux est de couleur sombre, mais il peut être plus clair dans le cas de la robe citron ou blanche.
- Oreilles : Le cuir est mince. Les oreilles sont attachées assez haut. Elles sont placées contre la tête, de longueur moyenne ; elles sont légèrement pointues à l’extrémité.
COU
Long, musclé, légèrement roué, offrant une belle sortie d’encolure, exempt de fanon.
CORPS
- Rein : Fort, musclé et légèrement harpé. Il est court.
- Poitrine : Juste de largeur nécessaire à bonne ampleur de la région sternale. Elle est bien descendue au niveau des coudes. Les côtes sont bien cintrées, bien développées vers l’arrière du thorax, diminuant graduellement vers le rein.
QUEUE
De longueur moyenne, épaisse à la base, allant en s’amincissant graduellement vers l’extrémité. Elle est bien couverte de poils serrés et portée au niveau du dos, sans présenter de courbure vers le haut. Quand le chien est en action, la queue doit battre d’un côté et de l’autre.
MEMBRES
MEMBRES ANTERIEURS
Les membres antérieurs, du coude au sol, sont droits et fermes avec une bonne ossature. Les os sont ovales ; les tendons sont forts et apparents.
- Epaules : Longues, obliques et bien inclinées en arrière.
- Articulation du carpe : Elle ne dépasse pas le profil antérieur du membre et fait une très légère saillie sur la face interne.
- Métacarpe : Assez long, fort et élastique ; légèrement incliné.
MEMBRES POSTERIEURS
- Très musclés.
- Hanches : Les os de la hanche sont bien espacés et proéminents, mais ils ne dépassent pas le niveau du dos.
- Cuisse : Bien développée.
- Grasset : Bien angulé.
-Jambe : Bien développée.
- Jarret : Bien descendu.
PIEDS
Le pied est ovale ; les doigts sont bien serrés et cambrés, pourvus de bons coussinets.
ALLURE
Unie. Le chien couvre beaucoup de terrain. Impulsion donnée par l’arrière-main. Les coudes ne sont ni en dedans ni en dehors. Ne doit absolument pas lever haut les membres à la manière d’un cheval Hackney (pas d’allures relevées ou sautillantes).
ROBE
POIL
Le poil est fin, court, dur et également réparti, parfaitement lisse, droit et bien luisant.
COULEUR
Les couleurs habituelles sont citron et blanc, orange et blanc, foie (marron) et blanc, et noir et blanc. Les robes unicolores et tricolores sont également correctes.
TAILLE
La hauteur au garrot recherchée est
Chez le mâle, de 25 à 27 pouces (63 à 69 cm)
Chez la femelle de 24 à 26 pouces (61 à 66 cm).
DEFAUTS
Tout écart par rapport à ce qui précède doit être considéré comme un défaut qui sera pénalisé en fonction de sa gravité.
N.B. : Les mâles doivent avoir deux testicules d’aspect normal complètement descendus dans le scrotum.
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